Une grève qui a du sens ! PDF Imprimer

...car elle traduit le malaise grandissant des salariés de l'économie sociale de la banque et de l'assurance !

Les salarié(e)s du Groupe ARKEA, qui réunit les Fédérations de Crédit Mutuel de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif Central, sont en grève depuis une semaine maintenant. Le conflit est dur, en particulier au Crédit Mutuel de Bretagne ! Que l'on en juge : de 50 à 70 % de grévistes, une majorité des agences fermées, plus de 1 200 collaborateurs réunis en Assemblée Générale le 4 Octobre devant le siège. Une mobilisation rarement atteinte dans le monde bancaire !

Les raisons d'une telle explosion sociale ?

Le demande d'augmentation des salaires a bien évidemment a été très forte dès lors que les salariés ont eu connaissance de l'évolution très confortable, au cours de ces dernières années, des rémunérations des plus hauts dirigeants de l'entreprise.

Mais la situation est devenue explosive lorsque ces mêmes salariés ont appris qu'une «Société des Cadres Dirigeants» avait été créée au sein du Groupe ARKEA. Cette société anonyme regroupe les 126 plus hauts dirigeants des 3 Fédérations de Crédit Mutuel d'ARKEA et assure leurs rémunérations pour le compte des trois entreprises. Jusqu'au déclenchement du mouvement social de ces derniers jours, la plus grande discrétion entourait cette «Société des cadres dirigeants», tout comme son fonctionnement, les rémunérations versées, leurs évolutions et la part variable mise en oeuvre.

Au-delà  de cette problématique salariale, le mouvement en cours chez ARKEA traduit beaucoup plus largement le «malaise grandissant» des personnels de l'économie sociale de la banque et de l'assurance.

Salarié(e)s de sociétés coopératives ou mutualistes, qui appartiennent donc à  leurs clients-sociétaires et non pas à des actionnaires capitalistes, ils vivent de plus en plus mal les «dérives» économiques, financières et sociales de ces dernières années. En effet, ils sont tous les jours face à  leurs clients pour «faire tourner la boutique» en cette période de crise financière qui génère, fort légitimement, questions, craintes et interrogations.

Dans une entreprise mutualiste, qui réalise des résultats économiques et financiers tout à fait corrects, les dirigeants de ces mutuelles et coopératives adoptent des modes de fonctionnement et de management (de plus en plus fréquemment calqués sur les entreprises capitalistes traditionnelles) qui sont à  l'opposé des valeurs du mutualisme ! Ils démontrent, en permanence, qu'ils sont davantage préoccupés de leur rémunération